La
Légion étrangère a été créée en 1831 par le roi Louis Philippe, roi des
Français. En 1831, la France avait entrepris la conquête de l'Algérie,
elle avait donc besoin de troupes et, en même temps, s'étaient réfugiés
en France toute une masse d'étrangers chassés de leurs pays par les
crises qui sévissaient en Europe. En créant la Légion, le roi Louis
Philippe gagnait les troupes dont il avait besoin et du même coup
éloignait de Paris une population potentiellement turbulente. C'est en
partie pourquoi la loi du 9 mars 1831, l'acte qui crée officiellement
la Légion, précise que la Légion étrangère serait employée hors des
limites continentales du royaume.
L'histoire
de la Légion commence donc avec la conquête de l'Algérie et, très
rapidement les légionnaires y gagnent une réputation de soldats solides
et endurants.
En
1835, quatre ans seulement après sa création, le roi Louis Philippe
cède la Légion à l'Espagne pour soutenir la reine Isabelle dans sa
lutte contre la rébellion carliste. Dès cette époque est mise en
pratique le principe de l'amalgame : le colonel Bernelle, qui commande
la Légion, abandonne le principe des bataillons par nationalité
(suisses, allemands, espagnols, italiens, belges et polonais), mélange
les légionnaires dans les bataillons et impose le français comme langue
de commandement. Cette mesure, qui a aussitôt donné une plus forte
cohésion aux unités, est toujours appliquée aujourd'hui, jusqu'aux plus
petits échelons. Abandonnée à son sort, privée des renforts qui
auraient pu lui permettre de compenser ses pertes, cette Légion
d'Espagne va lentement disparaître au fil des combats et une nouvelle
Légion sera formée en Algérie dès 1835.
Cette
nouvelle Légion sera d'abord employée en Algérie puis sera engagée dans
les campagnes européennes du Second Empire. D'abord en Crimée où elle
s'illustre face aux Russes à Sébastopol et sur l'Alma,
puis en Italie, face aux Autrichiens, avec les victoires de Magenta et de Solferino.
La
campagne du Mexique occupe une place à part dans l'histoire de la
Légion. Le combat de Camerone, le 30 avril 1863, est devenu le symbole
du comportement du légionnaire au combat, le symbole du devoir accompli
et du respect de la parole donnée.
Le
30 avril 1863, dans la hacienda de Camerone, les soixante cinq hommes
du capitaine Danjou, contiennent les assauts de plus de deux mille
Mexicains. Dès le début du combat, le capitaine a fait jurer à ses
hommes de se défendre jusqu'à la mort. A midi, il est tué. Fidèles à la
parole donnée, les légionnaires vont résister jusqu'à leur dernier
souffle pour que la mission de la compagnie soit remplie. Leur
sacrifice a permis le passage du convoi qu'ils devaient protéger. Le
30 avril est devenu la fête traditionnelle de la Légion et ce jour là,
toutes les unités, où qu'elles soient, se regroupent pour assister à la
lecture du récit du combat. A Aubagne, cette cérémonie prend une
dimension particulière. Le capitaine Danjou portait une main articulée.
Cette main en bois fut retrouvée sur les lieux du combat et ramenée à
Sidi Bel Abbès. Elle est conservée aujourd'hui à Aubagne, dans la
crypte de musée de la Légion étrangère. Le 30 avril, elle est présentée
devant le front des troupes, portée par un ancien valeureux que la
Légion souhaite tout particulièrement honorer Ce fait d'armes est
entré dans l'histoire comme un modèle de devoir d'esprit de sacrifice
et l'expression faire Camerone se retrouvera ensuite dans toutes les
campagnes de la Légion.
En
1870, contrairement à ce que prévoyaient ses statuts, la Légion est
engagé sur le territoire continental de la nation. Elle participe, dans
les rangs de l'armée de la Loire, à la défaite devant l'armée
prussienne.
Pour
oublier sa défaite, la France se tourne vers l'Extrême Orient.
L'Indochine marquera fortement la Légion étrangère, pour la dureté de
ses combats, ceux de la conquête à partir de 1883 comme ceux de la
guerre d'Indochine, mais aussi parce que les légionnaires étaient très
attachés à ce pays et à ses habitants.
La
Légion n'est que peu intervenue en Afrique Noire, terrain plutôt
réservé à l'infanterie coloniale et aux troupes indigènes. Elle eut
cependant à combattre au Dahomey et à Madagascar, dans des campagnes
rendues très difficiles du fait des maladies tropicales.
Pendant
la Première Guerre Mondiale, la Légion fut engagée sur les deux fronts,
sur le front d'Orient avec un bataillon sur les Dardanelles, mais
surtout sur le front principal avec son célèbre Régiment de Marche, qui
termina la Guerre, aux ordres du colonel Rollet, comme régiment le plus
décoré de l'armée française.
L'entre
deux guerres voit la Légion au combat sur deux théâtres : le Maroc et
le Proche Orient. La conquête du Maroc avait commencé en 1903. De 1914
à 1918, le maréchal Lyautey avait gardé les territoires conquis avec
des légionnaires, essentiellement des allemands, car il est de
tradition à la Légion de laisser aux légionnaires le choix de se battre
ou non contre leur pays d'origine ( cette tradition est toujours en
vigueur aujourd'hui). Les combats reprirent en 1920 et durèrent jusqu'
en 1934. Au fur et à mesure de leur avance, les légionnaires, fidèles à
leur réputation de soldat bâtisseurs posaient souvent leurs armes pour
construire les postes, les routes et les ponts qui allaient faciliter
la pacification.
la
Légion fut également engagée au Levant, au Liban et en Syrie, dans le
cadre du protectorat que la France y exerçait au nom de la Société des
Nations. En 1921, alors que la Légion n'avait été jusque là qu'une
troupe d'infanterie, fut créé un régiment étranger de cavalerie.
Beaucoup de russes blancs et d'anciens cosaques vinrent y servir. Le
régiment connut son baptême du feu en Syrie contre les Druzes.
Pendant
la Seconde Guerre Mondiale, la Légion étrangère connut les mêmes
turbulences que le reste de l'armée française. Mobilisée en masse, elle
atteignait en 1940 un effectif qui ne sera jamais dépassé de 40 000
hommes. Entraînée dans la débâcle générale de juin 40, elle eut
cependant l'honneur de voir l'une de ses unités, la 13° demi brigade de
Légion étrangère, participer à la seule victoire française de la
campagne, le débarquement victorieux sur Narvik et sur Bjervik.
A
son retour de Norvège, le régiment fut dirigé sur l'Angleterre. Une
partie du régiment choisit de suivre le général de Gaulle, l'autre fut
rapatriée sur l'Afrique du nord. Ceux qui avaient choisi la France
libre s'embarquèrent pour tenter de rallier à leur cause l'Afrique
occidentale française puis débarquèrent en Erythrée pour y affronter
les Italiens. Après le difficile et fratricide épisode de la campagne
de Syrie, la 13ème DBLE participa, dans les rangs de la VIIIème armée
anglaise, à la lutte contre l'Afrika Korps de Rommel. En 1942, elle
participait à la défense victorieuse de Bir Hakeim, première victoire
française depuis la débâcle de 1940
A
l'issue du débarquement américain en Afrique du Nord, la Légion se
retrouvait à nouveau unie et prête à reprendre le combat. Entièrement
équipée à l'américaine, la Légion allait participer à la prise de
l'Italie puis au débarquement de Provence. Les combats se feront de
plus en plus durs, dans les Vosges, en Alsace, autour de Colmar, puis
en Allemagne même jusqu'à la ruée finale sur l'Autriche.
En
Indochine, en application des conventions d'armistice, l'armée
française cohabitait avec l'armée japonaise. Le 9 mars 1945, les
japonais attaquèrent par surprise les garnisons françaises. Le colonel
Alessandri regroupa les survivants du massacre et réussit à gagner la
frontière chinoise, à pied et en combattant, au terme d'une retraite de
huit cent kilomètres. Le 5ème régiment étranger sortait de cette
odyssée réduit à l'effectif d'un bataillon.
Dès
1946, la Légion va se retrouver au combat. Le gouvernement français
n'ayant pas voulu employer le contingent en Indochine, la Légion va
porter le plus lourd du poids de la guerre et porter ses effectifs
jusqu'à 35 000 hommes. Le gros de ses unités sera fourni par le
recrutement allemand. Cette campagne sera la plus meurtrière de
l'histoire de la Légion : elle y perdra plus de 10 000 hommes.
En
Algérie aussi la Légion va être à la pointe du combat, mais la victoire
sur le terrain est inutile. La France quitte l'Algérie et la Légion
doit abandonner sa terre natale.
Pour
la première fois, des régiments de Légion prennent garnison en
métropole. Le 1er régiment étranger quitte Sidi bel Abbès pour
rejoindre Aubagne. Les légionnaires s'installent en Corse et en
Provence mais également dans de nouvelles garnisons outre mer, à
Djibouti, à Madagascar ( puis en Guyane) et en Polynésie. Les unités de
Légion reprennent alors la vieille tradition du soldat bâtisseur et
conduisent de très gros chantiers, en Polynésie pour le centre
d'expérimentation du Pacifique ou en Guyane avec la construction de la
Route de l'Est.
Les
opérations militaires reprennent dans les années 1970 avec les
interventions au Tchad puis l'audacieuse opération aéroportée sur
Kolwezi en 1978. En 1982, au Liban, la Légion intervient pour la
première fois dans le cadre d'une opération multinationale sous casque
bleu.
Dès
lors le rythme des opérations va s'accélérer, la Légion participe avec
trois régiments à la guerre de Golfe, est présente au Cambodge,
intervient en Somalie puis au Ruanda, rétablit l'ordre en Centrafrique
et au Congo.
Depuis 1992, elle fournit des troupes en
ex-Yougoslavie et à participé à toutes les phases et à toutes les
formes de l'action internationale.
Depuis
1831, plus de 35 000 légionnaires sont morts pour la France, étrangers
devenus fils de France, non par le sang reçu mais par le sang versé.
Les légionnaires d'aujourd'hui conservent les valeurs que leur ont laissé leurs anciens : · l'esprit de corps, c'est à dire la fierté d'appartenir à son régiment, d'appartenir à la Légion étrangère · le culte de la mission, c'est l'esprit de Camerone.
c'est encore moi quel dommage qu'il n'y est pas plus de coms .
surement du a la jeunesse,qui n'ont pas eu l'occasion de croiser le chemin de legionnaires ou meme pour les parisiens d'aller à la bastille chez mamy légion.du moins si cet endroit existe encore.
encore bravo pour toutr ce travail.
salut
c'est avec un reel plaisir que j'ai parcouru tout ces articles et de rememorer l'histoire de la legion ,peut etre un nouvel elan de patriotisme va renaitre parmi les lecteur si ils veulent bien s'en donner la peine de lire jusqu'au bout.
bravo tres enrichissant